Une étude ING Belgique, Universiteit Antwerpen et VIL met à nu les défis pour la logistique portuaire

Le secteur du transport et de la logistique connaît des difficultés depuis la crise économique, mais l’économie semble se rétablir.

Mardi 23 mai 2017 —

Le secteur du transport et de la logistique connaît des difficultés depuis la crise économique, mais l’économie semble se rétablir. Les entrepreneurs deviennent plus positifs sur l’avenir.  Petit à petit, les perspectives s’améliorent, mais les efforts doivent continuer. Les chaînes de transport et de logistique connaissent actuellement un changement rapide et doivent adapter certaines manières de travailler afin d’être prêtes pour l’avenir et de pouvoir répondre aux besoins et défis toujours croissants de l’optimisation, de l'intégration et de la coordination de chaîne. L’étude analyse l’environnement changeant de la chaîne logistique dans lequel les ports belges/flamands opèrent ; elle analyse l’environnement changeant de marché des ports, les changements dans les business models, l’impact éventuel des technologies (de rupture) (ex. : dans le domaine de la collecte et de l’analyse de données) et le rôle évolutif des acteurs traditionnels tels que les entreprises industrielles, les opérateurs de terminal, les entreprises de logistique tierce partie, les autorités portuaires, etc.

Yves Goddefroy, Business Desk Manager Anvers-Port fonction ING Belgique: “Le transport et la logistique fait partie des nombreux secteurs sur lesquels se concentre ING Belgique. Outre la publication des rapports trimestriels relatifs au secteur de la navigation intérieure et logistique, ING Belgique investit également dans des études autour de thèmes maritimes et relatifs au transport et à la logistique actuels. Pour cette étude sectorielle, la sixième consécutive, ING Belgique s’est à nouveau associée au Professeur Theo Notteboom, (Universiteit Antwerpen) ainsi qu’avec Kris Neyens (Vlaams Instituut voor de Logistiek) pour cette étude-ci. L'objectif principal est de contribuer à l’amélioration de la compréhension, du développement et de la croissance de notre écosystème transport et logistique. Cette dernière étude donne à nos clients et parties prenantes des informations sur les moteurs de la logistique à venir des ports ainsi que des recommandations pour leur permettre de toujours garder une longueur d’avance sur le plan professionnel comme personnel”.

Dans la première partie du rapport, on analyse les tendances et les perspectives de la logistique portuaire. Elle est conclue avec une analyse qualitative de l’impact de ces tendances sur les modèles existants des sociétés de logistique portuaire. La deuxième et troisième partie du rapport contiennent la mise en place de l’enquête et l’analyse de ses résultats, centrée sur les 5 sous-thèmes identifiés : 1. demande mondiale et développement économique, 2. paysage changeant, 3. connecter le monde, 4. réseaux de chaînes d’approvisionnement et de logistique à venir et 5 innovations ICT de rupture clés pour les entreprises portuaires et de logistique.
Ensuite, une série de recommandations spécifiques et concises pour la communauté du port belge/flamand a été définie
”, explique Kris Neyens, du VIL.

Le capital humain reste essentiel, mais on a besoin de professionnels extérieurs


La logistique portuaire est une industrie de service et le capital humain restera essentiel dans le développement de toutes les innovations afin de relever les défis de l’intégration de la chaîne d’approvisionnement.  Les compétences clés telles que l’expertise et les connaissances générales de l’industrie du transport maritime restent impératives pour les professionnels portuaires, mais il est également clair qu’un environnement qui se transforme de plus en plus vite (Society 4.0) demandera d’attirer des profils provenant de l’extérieur. Au vu de l’absence d'une image publique et d’une image de marque fortes du secteur de la logistique portuaire, il s’agit là d’un grand défi. Parmi d’autres recommandations, citons la continuité et le renouvellement des interactions avec les centres d’apprentissage, la stimulation d’un environnement pour le partage et la mobilité des connaissances et savoir-faire, et last but not least, la réduction des barrières à l’apprentissage et au développement des compétences en créant des plateformes accessibles pour l’échange, la discussion, et le partage parmi les individus de tous âges aux parcours académiques et professionnels divers.

Investir dans l’efficacité opérationnelle : indispensable pour rester leaders dans l’excellence et l’expertise opérationnelles

Faire figure de leader dans l’excellence et l’expertise opérationnelles est un facteur décisionnel clé dans la sélection des plateformes par les sociétés de transport maritime. À cette fin, les sociétés doivent investir davantage et se concentrer sur les défis les plus urgents de l'infrastructure portuaire. Les composants technologiques (soft) et d'infrastructure (hard) construiront le port intelligent du futur où maximiser la valeur et faire face au volume important des flux de cargos sont clés. 

Les autorités portuaires, en association avec les milieux académiques et logistiques lorsque cela est nécessaire, peuvent contribuer grandement en continuant à définir et à gérer l’infrastructure portuaire et les projets d'intégration homogènes qui lient les exigences de connectivité de l’arrière-pays. La mise en place de nouvelles connexions ferroviaires ou de navigation intérieure, les programmes d’efficacité intermodale opérationnelle, le regroupement de cargos, etc. sont des exemples qui profitent à l’ensemble de la communauté portuaire.

Le développement de concepts pour connecter les ports et plateformes de logistique dans l’arrière-pays est très important à court terme

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Le développement de concepts pour connecter les ports et les plateformes de logistique avec l’arrière-pays sont considérés comme les thèmes les plus importants sur la connexion entre ports et arrière-pays dans les 10 prochaines années. Les sociétés de logistique portuaire devront s’engager dans des projets d'intégration homogènes dans le cadre d’un réseau d’arrière-pays “connecté” composé de terminaux intelligents, efficaces et intermodaux. Cela implique également l’anticipation sur les nouvelles réalités en Europe centrale, de l’Est et du Sud, en comprenant le véritable impact sur les initiatives telles que l’initiative One Belt One Road (OBOR) ainsi que la poursuite de la recherche de nouvelles routes pour servir l’arrière-pays plus profond.

Les autorités portuaires peuvent jouer un rôle unique dans le développement des connaissances sur les complexités des connexions avec l’arrière-pays (plus profond) et les nouvelles réalités, et à les traduire en stratégie de réseau proactive dans le cadre de laquelle les autorités s’engagent dans l’établissement d’alliances portuaires.

Besoin de coordination, de coopération et d'intégration plus étroite

Si les qualités portuaires individuelles continuent à jouer un rôle clé dans la décision du port, le succès est de plus en plus déterminé par la capacité de la communauté portuaire à exploiter entièrement les synergies et la coordination avec d’autres nœuds de transport et autres acteurs au sein des réseaux logistiques dont ils font partie.

Le succès de l’intégration de la chaîne d’approvisionnement dépend de la coopération. Il est crucial que les sociétés de logistique portuaire continuent à investir efficacement et à s’engager dans des réseaux collaboratifs soutenus par une collecte de données ainsi que des plateformes et des systèmes informatiques puissants. Les autorités portuaires peuvent soutenir cela en participant à des programmes de partage de données ainsi qu’en investissant dans de l'infrastructure “sensorielle” pour soutenir les procédures commerciales et transformer les ports et l'infrastructure de manière générale en infrastructure “intelligente” capable de fournir des informations telles que des données spécifiques et adaptées aux réseaux collaboratifs, de manière à les améliorer et à les optimiser.

L’enquête a révélé des sociétés de logistique portuaire et l’industrie considère que les branches et les autorités portuaires constituent des facilitateurs mais pas nécessairement des leaders dans la coordination et la coopération de la chaîne d’approvisionnement portuaire. Par conséquent, il convient de créer un environnement de confiance avec une gouvernance d’entreprise forte afin de stimuler l’esprit entrepreneurial dans ce contexte. Les initiatives existantes et nouvelles constitueront le fondement de nos passerelles à venir s’intégrant dans des systèmes de transport exploitant la collaboration intelligente avec d’autres passerelles, y compris les portes vers l’arrière-pays
exploitant les concepts de transition modale intelligente lorsque cela est possible. Un besoin clair émerge pour les solutions de réseau applicables qui transcendent ces plateformes individuelles.

Les nouveaux business models peuvent générer de nouvelles opportunités commerciales, mais non sans confiance


Les sociétés de logistique portuaire ont une occasion de développer (conjointement) des solutions d'intégration de la chaîne d’approvisionnement innovantes. Un manque d'action entraînera l’arrivée de “perturbateurs” provenant de l’intérieur ou de l’extérieur du secteur logistique. Les sociétés axées sur les nouvelles technologies, telles que Google, Alibaba ou Amazon, sont susceptibles d’entrer dans le secteur du transport et de la logistique, ou l'ont déjà fait, afin de lui donner un avantage concurrentiel ou en voyant une opportunité compétitive pour apporter de nouveaux modèles au marché.

Généralement, les nouveaux business models, y compris les intéressements sur les profits et la protection des données, sont considérés comme la manière de surmonter le manque de confiance existant, obstacle principal à la collaboration. Soutenu par des systèmes informatiques solides, ils peuvent générer de nouvelles opportunités pour attirer les industries de fabrication, les activités semi-industrielles et les activités liées au VAL dans les zones portuaires et dans l’économie de manière générale.

Il est absolument essentiel que les business models soient développés en même temps que les autres parties de projet de collaboration innovante.  L’acceptation et l’implémentation efficaces de nouvelles formes de collaboration ne seront réalisées que lorsque les rôles possibles, et par conséquent les revenus prévisionnels, seront clairs dans le cadre de ces nouvelles réalités. Sans extraction de matières premières, sans production de produits intermédiaires et finis ou sans consommation de ces marchandises, il n’y a pas de demande de transport par cargo, de stockage ou de manutention. Les nouvelles approches commerciales dans la logistique portuaire et l’intégration de la chaîne d’approvisionnement pourraient renforcer le rôle de l’industrie de la logistique portuaire en tant que secteur économique à part entière avec ses propres dynamiques, et pas uniquement en tant qu’activité dérivée. Par ailleurs, le rôle des autorités portuaires dans l’amélioration de l’efficacité opérationnelle ne doit certainement pas être sous-estimé. L’un de leurs rôles doit également être de développer une stratégie d’économie circulaire.

Vous pouvez consulter la présentation via ce lien.

Vous pouvez consulter l'étude en entier ici.

Pour plus d’informations :  
Press office ING Belgique  
  
pressoffice@ing.be

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