Pour la première fois en deux ans, le baromètre des investisseurs d'ING n'est pas au beau fixe

Analyse de Peter Vanden Houte, Chief Economist ING Belgique

Le Baromètre des Investisseurs mesure chaque mois la confiance des investisseurs particuliers belges. En d'autres termes, il exprime le « sentiment des investisseurs ». Cette enquête, menée par Kantar TNS, est une initiative d’ING en collaboration avec l’Université de Gand et les quotidiens L’Echo et De Tijd. L’enquête se fait en ligne.

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En octobre, le baromètre des investisseurs d'ING est descendu pour la première fois en deux ans sous le niveau neutre, signe que les investisseurs belges se méfient des marchés financiers. Seul un quart des investisseurs croit à une hausse des marchés boursiers pour les mois à venir. Le Belge ne semble pas réticent quant aux investissements alternatifs tels que le vin ou les objets d'art. Mais ceux-ci attirent surtout les investisseurs plus jeunes et francophones.

En octobre, le baromètre des investisseurs d'ING a chuté à 97 points. Cela faisait deux ans que le baromètre n'était plus descendu sous le niveau neutre des 100 points. Une certaine méfiance s’est donc installée parmi les investisseurs belges à l'égard de l'environnement financier et économique. Le climat houleux régnant sur les marchés boursiers en octobre n'y est pas étranger mais d'après les investisseurs belges, la situation économique n'est pas vraiment réjouissante.

L'évolution récente de l'économie belge est jugée beaucoup moins positive : 21 % des répondants ont perçu une amélioration, tandis que 35 % d'entre eux ont ressenti un refroidissement. Leurs prédictions ne sont pas meilleures pour le futur : 28 % est d’avis que la conjoncture va s'assombrir tandis que 23 % se montre plus optimiste.

Pas étonnant, dès lors, que les attentes boursières aient été tempérées. 25 % des investisseurs croient en une remontée boursière dans les mois à venir. En revanche, 30 % d'entre eux estiment que les cours vont perdre du terrain. Le fait que 38 % des répondants aient vu la valeur de leur portefeuille s'effriter au cours de ces trois derniers mois (23 % a mentionné une hausse) pourrait expliquer cette baisse d'enthousiasme vis-à-vis de la Bourse.

Que faire avec l'épargne à investir dans ces conditions ? Pour 23 % des répondants, le moment est judicieux pour investir dans des secteurs plus risqués, mais pas moins de 33 % le déconseille. Cela fait deux ans que l'on n’avait plus vu l'appétit pour le risque à un niveau aussi bas. Les obligations sont, elles aussi, délaissées : 16 % des investisseurs considèrent un investissement obligataire envisageable mais 29 % ne veut pas en entendre parler. Seuls les investissements dans des secteurs moins risqués entrent encore dans les bonnes grâces : 26 % d'investisseurs favorables contre 19 % d'investisseurs réticents.

Objets d'art et vin

Mais quel est le regard que porte le Belge sur les investissements alternatifs tels que le vin, les timbres ou les voitures anciennes ? La presse fait régulièrement écho de ventes aux enchères à prix forts de voitures anciennes ou d'antiquités. Le Belge ne semble pas non plus insensible aux investissements non financiers. Le vin et les objets de collection se partagent la première place. 13 % des investisseurs belges déclarent investir dans ces produits ou les considèrent tels qu’un investissement. Et ce, malgré les frais de transaction élevés et les marchés souvent peu liquides. Parmi les Belges n'investissant pas encore dans ce type d'actif, 16 % d'entre eux envisageraient de placer un peu d'argent dans des objets d'art ou des antiquités.

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Deux constats remarquables à ce propos : les chiffres révèlent que ceux qui s'intéressent à ce genre d'investissements alternatifs sont principalement de jeunes investisseurs. Par ailleurs, les investisseurs francophones semblent en moyenne deux fois plus nombreux que les néerlandophones à placer de l'argent dans du vin, des objets d'art et des antiquités, des timbres et autres investissements alternatifs.

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