Plus de 4 Belges sur 10 associent Brexit à la fin de l’UE

Une sortie de la Grande-Bretagne de l'UE aurait un impact indéniable dans le contexte économique européen.

Mercredi 15 juin 2016 —

Economic Poll n°48

Une sortie de la Grande-Bretagne de l’Union Européenne aurait un impact indéniable dans le contexte économique européen. Les derniers sondages britanniques montrent des résultats qui restent serrés et certains récents montrent un engouement grandissant en faveur d’une sortie de l’UE (Gr. 1). De plus le taux de participation aura un rôle crucial à jouer puisque les pro-européens (plus jeunes et plus modérés politiquement) auraient une propension plus faible à effectuer le déplacement afin de participer au référendum. La probabilité d’une sortie ne doit donc pas être sous-estimée.

L’impact au niveau de l’économie britannique a déjà été analysé par de nombreuses institutions internationales et son caractère négatif à court terme et à long terme à de multiples reprises réaffirmé. Qu’en est-il de l’impact au niveau de l’économie belge ? Dans le cadre de récents Economic.Polls@ING (1) , nous avons testé la perception des clients ING des conséquences d’une sortie de la Grande Bretagne de l’UE. Ainsi plus d’un Belge sur deux pense que le Brexit serait néfaste et induirait des coûts plus importants pour la Belgique (Gr. 2). Par contre, seulement un Belge sur six pense que la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE pourrait s’avérer bénéfique pour notre pays. En Belgique, on reste donc majoritairement convaincu que les coûts tels que la baisse du commerce intra-européen ou le poids inférieur de l’économie européenne à l’échelle mondiale affaiblirait l’économie belge.

En ce qui concerne l’hypothétique avenir post-Brexit pour l’UE, plus de 4 Belges sur 10 pensent que l’avenir de l’Union européenne serait compromis par une sortie de la Grande-Bretagne (Gr. 3). Comme Nigel Farage (leader du parti anti européen UKIP), ces derniers pensent que le Brexit sera « le premier domino » d’une désintégration du bloc européen. En particulier, 32% des répondants pensent qu’à long terme, l’UE ne survivrait pas à un Brexit. 9% des répondants sont encore plus pessimistes et pensent que l’UE imploserait dans un futur proche. Cependant, une majorité reste relativement optimiste et pense que l’UE survivrait à une sortie de la Grande-Bretagne. Ces résultats nous laissent imaginer que la confiance des consommateurs serait grandement impactée et pèserait donc sur la croissance en zone euro durant la seconde moitié de l’année.

L’opinion majoritairement négative envers le Brexit est dans les grandes lignes confirmée par l’analyse économique de la question. L’impact négatif cumulé sur l’économie belge d’une sortie de l’UE de la Grande-Bretagne est estimé à 0,5% du PIB belge à l’horizon fin 2017 (estimation ING). Pourquoi la Belgique fait-elle partie des pays les plus sensibles à cet évènement ? Le principal élément d’explication est son degré d’ouverture commerciale puisque la Belgique est le 6ème exportateur vers la Grande-Bretagne (Gr. 4) et que 8,8% des exportations belges ont cette dernière pour destination. Près de 2,8% des emplois belges est directement reliés à ces exportations. En particulier le secteur pharmaceutique et le secteur de l’automobile ont des liens commerciaux très important et pourrait donc être impactés à plus long terme par une potentielle augmentation de la taxation sur certains produits exportés. De plus, une évolution différenciée des normes au niveau de la production de biens pourrait aussi rendre les produits belges inadaptés ou complétement incompatibles au marché britannique. Un deuxième aspect est d’ordre financier et est directement corrélé aux investissements privés vers la Grande-Bretagne. A nouveau la Belgique se trouve parmi les pays les plus concernés. Finalement, un effet de contagion plutôt d’ordre politique pourrait encore amplifier l’impact initial de la décision en faveur d’un Brexit. Cet évènement pourrait servir de précédent historique de sortie de l’UE et pourrait pousser certains gouvernements à tendance nationalistes ou indépendantistes à faire la demande d’un traitement de faveur. Cependant ce dernier argument, même s’il est crucial, est quasiment impossible à quantifier. Une étude complète de l’impact potentiel du Brexit sur l’économie belge est disponible à l’adresse suivante : https://about.ing.be/A-propos-dING/Press-room/Press-article/Brexit-Quel-impact-pour-leconomie-belge-.htm.

Il se peut toutefois que des effets positifs apparaissent dans le contexte d’un Brexit. La relocalisation de certains emplois et/ou entreprises en zone euro ainsi qu’un possible renforcement des liens entre les pays hors Grande-Bretagne pourraient être observés. Les liens commerciaux redirigeraient une partie de la demande européenne vers la Belgique alors que les liens politiques rendraient le consensus au Conseil européen plus aisé à atteindre.

En définitive cet évènement constituerait donc un risque mais aussi une opportunité pour marquer d’une pierre blanche cette « Union » entre pays européen. Mais nous n’y sommes pas encore et jusqu’à présent dans les multiples sondages à ce sujet aucun des deux camps ne se détache nettement. Il convient donc de garder son calme et d’éviter de tirer trop de plans sur la comète.

(1) Disclaimer  Economic.Poll@ING est une question posée chaque semaine sur la page de logout d'ING Home'Bank. Les questions commentées ici ont été posées entre le 23 mai et le 05 juin 2016 (respectivement 5635 et 6159 personnes interrogées). La représentativité de cet échantillon n’est pas garantie.

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Pour plus d'information:
Geoffrey Minne, Economiste, +32 (0)2 547 33 86, Geoffrey.Minne@ing.be

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