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ING Belgique - Perspectives économiques et financières pour la deuxième moitié de 2020

ING Belgique - Perspectives économiques et financières pour la deuxième moitié de 2020

Avec l’arrivée il y a quelques mois du Covid-19, toutes les prévisions économiques ont simplement pu être jetées à la poubelle. La pandémie a entraîné, littéralement, un arrêt presque complet de l’économie mondiale. Il ressort des données de mobilité que le deuxième trimestre sera encore pire que le premier. Dès lors, le recul du PIB pour l’ensemble de cette année dépasse de loin la récession entraînée par la crise financière de 2008. 

Le long chemin de l’après Corona

  • Avec l’arrivée il y a quelques mois du Covid-19, toutes les prévisions économiques ont simplement pu être jetées à la poubelle. La pandémie a entraîné, littéralement, un arrêt presque complet de l’économie mondiale. Il ressort des données de mobilité que le deuxième trimestre sera encore pire que le premier. Dès lors, le recul du PIB pour l’ensemble de cette année dépasse de loin la récession entraînée par la crise financière de 2008. Une contraction de 6% à 10% du PIB des pays développés est pour ainsi dire acquise. La bonne nouvelle est que le point bas semble derrière nous, même si l’activité devrait rester encore un long moment inférieure à son niveau normal.
     
  • Tous les gouvernements ont pris des mesures budgétaires fortes pour atténuer les effets du choc. « A l’intérieur de la zone euro, la pandémie crée de nouvelles divergences, parce que les pays les plus touchés sont aussi ceux disposant de la plus faible marge de manœuvre budgétaire » prévient Peter Vanden Houte, Chief Economist d’ING Belgique. Par ailleurs, le dossier du Brexit reste une épine dans le pied des pays européens, bien qu’il en sorte probablement un accord commercial très modeste.
     
  • Bien que dans un premier temps, la reprise donnera l’illusion de prendre la forme d’un « V », le monde post-Corona risque d’être caractérisé par une croissance durablement lente. « A côté de la faible croissance démographique, les dégâts de la crise ne feront que renforcer la stagnation séculaire de l’économie » selon Peter Vanden Houte. Les hauts taux d’endettement risquent de peser sur la dynamique d’investissement, alors que la tendance à la déglobalisation a reçu un coup d’accélérateur, ce à quoi un nouveau président américain ne changera pas grand-chose. La reprise lente signifie que pour la plupart des économies, ce n’est qu’en 2023 que le PIB reviendra à son niveau d’avant crise.
     
  • Une croissance lente signifie qu’il sera difficile de maîtriser la charge de la dette. Dès lors, les banques centrales se sentiront implicitement obligées d’apaiser cette douleur en maintenant des politiques de taux très bas et en gardant une partie des dettes sur leur bilan. La peur que de telles politiques mènent à une inflation plus forte ne semble pas fondée dans la mesure où tant le multiplicateur monétaire que la vitesse de circulation de la monnaie ont fortement baissé.
     
  • Alors que de nombreuses analyses voient naître un nouveau monde dans l’après Covid, il faut davantage parler d’une accélération des tendances déjà présentes avant la crise : digitalisation, transition vers une économie durable et déglobalisation. Malheureusement, l’Europe semble ne pas avoir beaucoup d’atouts dans son jeu dans ces domaines.

Répression financière 2.0, toujours plus rapide et plus vigoureuse!

  • Depuis le 23 mars, les investisseurs plébiscitent les actifs à risque. La plus rapide correction boursière jamais enregistrée, -34 % (en euros) en près d’un mois, a cédé la place au plus vif rebond de l’histoire (+37 %) ! Les actions mondiales ont ainsi renoué avec leurs niveaux de février, soit avant que le coronavirus ne se propage en dehors de la Chine. Ce qui veut dire qu’en moins de 100 jours, les marchés sont passés de la récession à la dépression, puis de la reprise à l’euphorie!
     
  • À en juger par leur comportement, on pourrait presque croire que la pandémie n’a jamais eu lieu ! De là à imaginer que l’aversion au risque ne refera pas surface au second semestre et que les marchés financiers ne connaîtront pas de regain de volatilité, il y a un pas qu’il ne faut pas franchir. Du fait des injections massives de liquidités - aux États-Unis, la croissance de la masse monétaire M2 (23 %) est la plus vive depuis que la Réserve fédérale a commencé à la mesurer en 1960 -, la pression haussière sur les cours boursiers est évidemment énorme. Mais, compte tenu des piètres fondamentaux de l’économie et des entreprises, il est probable, selon Luc Charlier, stratégiste chez ING Belgique, que le rallye s’essoufflera. L’incapacité des entreprises à publier des bénéfices meilleurs que prévu souligne les difficultés auxquelles elles ont dû faire face pendant la pandémie. Et ce scénario risque de se répéter lors de la prochaine saison de publication des résultats. Le dernier consensus en date table sur un recul de 25 % des bénéfices par action dans le monde en 2020 !
  • Dans ce contexte, l’attrait pour les actifs à risque, qui est en grande partie influencé par la répression financière des banques centrales (le fait que ces dernières maintiennent les rendements obligataires le plus bas possible), peut être considéré comme exagéré. Les investisseurs peuvent évidemment continuer à ignorer l’important excès de volatilité des actions par rapport aux obligations. Mais il serait tout de même surprenant que les actions ne connaissent pas une phase de repli d’ici la fin de l’été. C’est la raison pour laquelle Luc Charlier préfère toujours éviter les obligations d’entreprise à haut rendement et les actions les plus risquées. Dans un environnement de faible croissance, mieux vaut privilégier les actions et obligations d’entreprises capables de générer des bénéfices solides et de profiter des changements structurels induits par la pandémie.
    • Sur le marché boursier, ces entreprises se trouvent essentiellement, sur le plan des types d’investissement, parmi les actions de qualité et les actions de croissance, et, au niveau sectoriel, du côté des soins de santé, des biens de consommation de base et des technologies de l’information.
    • Sur le marché obligataire, il est préférable de donner la priorité aux obligations (d’État et d’entreprise) de bonne qualité crédit (« investment grade »), les coûts de financement étant toujours de nature à inciter les entreprises financièrement saines à lever des capitaux sur le marché de la dette.
    • Enfin, sur le marché des matières premières, l’or est de plus en plus considéré comme une alternative aux actifs plus risqués et comme une protection contre l’instabilité des marchés financiers.

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