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Perspectives économiques et boursières d’ING Belgique

Combien de coups l’expansion économique peut-elle encore encaisser ?

 

Le ciel conjoncturel s’assombrit

Celui qui suit de près la conjoncture se demande parfois combien de coups l’expansion économique actuelle pourra encore encaisser avant de s’arrêter totalement. Aux États-Unis, la phase d’expansion dure depuis quelque 10 ans à présent, ce qui fragilise la relance. Dans le passé, il est apparu que la probabilité d'une récession augmentait considérablement une fois le cap des 6 ans d’expansion franchi.

De ce point de vue, l’incertitude suscitée par le climat politique constitue un écueil de taille sur lequel le cycle de croissance pourrait venir s’échouer. La guerre des droits de douane entamée par Donald Trump, même s’il s’agit peut-être d’une technique destinée à assurer de meilleurs accords commerciaux, a réellement un impact négatif sur la croissance économique, tant aux États-Unis qu’en Chine, mais aussi dans le reste du monde. « Avec les mesures commerciales qui ont déjà été prises et le risque d’escalade des hostilités à court terme, un effet négatif sur le PIB de 0,2 % à 0,4% au niveau de l’économie mondiale ne semble pas improbable, » déclare Peter Vanden Houte, Chief Economist d’ING Belgique.

La bonne nouvelle ? Cela pourrait bien inciter les parties en conflit à donner un coup d’accélérateur à l’économie. Il apparaît ainsi de plus en plus probable que la Réserve fédérale américaine abaissera son taux directeur deux fois cette année en anticipation de l’arrêt probable de la création d’emplois aux États-Unis en 2020. Les autorités chinoises, qui ont vu leurs tentatives de stimuler la croissance entravées par l’escalade de la guerre commerciale, pourraient elles aussi mettre en œuvre d’autres stimuli. Quoi qu’il en soit, la croissance sera probablement moins forte dans les deux grandes puissances en 2020.

Cette année, l’Europe risque aussi de pâtir des taxes à l’importation américaines, en particulier sur les voitures. Ensuite, l’incertitude liée au Brexit continue de peser sur le climat des investissements et la probabilité d’un Brexit dur est plus élevée que ne l’escomptent les marchés. Enfin, la situation politique en Italie déraille à nouveau et il est très probable que des élections soient organisées avant la fin de l’année, ce qui empêchera une résolution rapide des problèmes budgétaires.

Même si l’année 2020 bénéficiera de quelques jours ouvrables supplémentaires en Europe, la croissance économique dans la zone euro s’établira à peine au-delà de 1%. Avec une inflation qui s’est élevée à moins de 0,9% en moyenne au cours des cinq dernières années, on peut tout doucement parler d’une ‘japonisation’ de l’économie européenne. « D’après nos calculs, le niveau neutre du taux directeur se situe encore à peine à 0,75% » ajoute Peter Vanden Houte. Selon toute vraisemblance, la BCE devrait se situer bien en dessous de ce niveau au cours des prochaines années en raison du ralentissement de la croissance. Dans le scénario actuel, il est même raisonnable de penser qu'une baisse de taux supplémentaire est probable en 2019. Cela signifierait de facto que le taux du marché monétaire serait négatif au moins jusqu’en 2021.

Opter pour un portefeuille plus défensif

Les Américains et les Chinois ont encore beaucoup de chemin à parcourir avant qu’un accord soit réellement conclu. « Or, ce risque reste trop peu pris en compte par le marché boursier. Pour peu que la contraction des échanges commerciaux se poursuive, cela va immanquablement se traduire en 2019 par une baisse des prévisions de croissance des bénéfices qui sont, pourtant, déjà modestes », constate Steven Vandepitte, responsable de la stratégie d’investissement chez ING Belgique.

Les bénéfices par action des principales actions mondiales sont, pour l’heure, attendus en hausse de 2,5%, en moyenne. Ce qui est presque 10 fois moins élevé que la progression des profits réalisée l’année passée. Même si les valorisations desdites actions peuvent rester supérieures à leur moyenne historique, le rallye boursier a indubitablement du plomb dans l’aile.

« Même si l’orientation monétaire accommodante des banques centrales et les rachats massifs d’actions propres par les entreprises américaines continuent de soutenir les actifs à risque, les conditions de marché, le risque de ‘japonisation’ de l’économie européenne et l’instabilité (géo)politique plaident en faveur d’un portefeuille plus défensif », insiste Steven Vandepitte. Concrètement, cela revient:

  1. Sur le terrain boursier, à privilégier les marchés développés par rapport aux actions émergentes (ces dernières pâtissant le plus des tensions commerciales et d’un dollar encore fort), les grandes aux petites capitalisations (dont l’évolution bénéficiaire s’avère nettement moins convaincante),  et les secteurs d’activité moins cycliques (comme les biens de consommation de base).
  2. Sur le terrain obligataire, mieux vaut opter pour les emprunts d’Etat, surtout américains, plutôt que pour les obligations émises par les entreprises, dont la prime de risque (1,2%, contre 4,40% en 2008) s’avère trop faible.
  3. Enfin, sur le marché des matières premières, l’or, qui retrouve les faveurs des banques centrales – en 2018, elles ont augmenté leur stock de métal jaune à concurrence de 650 tonnes (du jamais vu depuis 1971 !) -, devrait jouer son rôle de valeur refuge, tout comme le yen sur le marché des changes.
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Julie Kerremans Media Relations
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