Perspectives économiques et boursières d’ING Belgique

L’économie mondiale poursuit sa progression à un rythme faible, associé à une inflation trop basse, ce qui rend la croissance vulnérable aux chocs négatifs.

Lundi 20 juin 2016 —

La nouvelle (a)normalité

L’économie mondiale poursuit sa progression à un rythme faible, associé à une inflation trop basse, ce qui rend la croissance vulnérable aux chocs négatifs. Cette configuration est problématique dans un environnement où les niveaux d’endettement sont toujours trop élevés. Par conséquent, les banques centrales sont condamnées à mener, encore pendant un certain temps, une politique monétaire peu conventionnelle caractérisée par des taux d’intérêt faibles, voire négatifs.

L’économie chinoise, dont le ralentissement a semé le trouble au début de l’année, semble se stabiliser sous l’influence des interventions publiques. Cela a également enrayé la chute des prix des matières premières. Bien qu’il y ait encore une offre abondante de matières premières, dont le pétrole, Peter Vanden Houte, Chief Economist d’ING Belgique, estime que les prix ont probablement déjà atteint leur niveau le plus bas. Une forte augmentation reste néanmoins peu probable.

Aux États-Unis, l’économie commence à présenter des signes de fatigue après sept années d’expansion. Il est certes trop tôt pour parler de risque de récession, mais il est évident que la Réserve fédérale devra marcher sur des œufs durant la normalisation de sa politique monétaire. Cela laisse un peu de répit aux pays émergents, qui ont dû faire face à une fuite de capitaux.

La reprise modérée se confirme dans la zone Euro, où la demande intérieure est devenue le principal moteur de croissance. Toutefois, une croissance de 2 % ne semble pas réalisable à ce stade et certains dossiers chauds (la Grèce, mais surtout le risque de Brexit) pourraient toujours empêcher la poursuite de la reprise. Tant que les entreprises et les ménages ne font plus confiance au projet de croissance européen, le rythme de croissance médiocre couplé à une inflation trop faible risquent de perdurer.

La BCE tente de contrer ces éléments par sa politique monétaire non conventionnelle, ce qui a fait en sorte que tant les taux d’intérêt à court et à long terme que les spreads de crédit ont atteint un niveau anormalement bas, une situation qui pourrait se maintenir pendant plus d’un an. Cette politique soulève un flot de critiques croissant, surtout dans les États membres qui présentent traditionnellement des excédents d’épargne. En effet, les revenus de l’épargne s’amenuisent, tandis que le secteur des banques et des assurances subit aussi une érosion des bénéfices. « Cependant, le principal avantage réside dans le fait que le niveau d’endettement est plus supportable pour le gouvernement, à tel point que la politique fiscale se fait moins restrictive qu’il y a quelques années », affirme Peter Vanden Houte. Dans ce sens, la politique a bel et bien un effet positif sur la croissance. L’histoire nous enseigne qu’une telle situation de « répression financière » peut durer longtemps.

Privilégier les actions les plus défensives et les moins volatiles

Pour paraphraser ce que Thierry Masset, Chief Investment Officer ING Belgique, disait déjà en décembre dernier, « le temps où l’on pouvait acheter les actions les yeux fermés semble révolu. » Leur ratio risque/return et leur valorisation sont indéniablement moins attractifs que lors des dernières années. D’autant que ce ne sont pas les facteurs de nature à raviver la volatilité boursière qui manquent.

Parmi les sources d’instabilité, la récession bénéficiaire, qui est à l’œuvre au niveau mondial (les bénéfices des sociétés reprises dans l’indice MSCI Monde se sont contractés de quasi 20% depuis fin 2014) et qui prend corps aux Etats-Unis, n’est guère encourageante. Pour peu que les prévisions s’avèrent exactes, les Etats-Unis sont en passe d’enregistrer cinq trimestres consécutifs de baisse des bénéfices. Une perspective qui est historiquement synonyme de marché baissier : depuis 1970, les Etats-Unis ont connu sept épisodes de baisse des profits de durée similaire et à six occasions cela a fait chuter les Etats-Unis en récession économique et à chaque fois Wall Street a subi une correction.

Dans cette partie plus mature du cycle boursier, Thierry Masset préfère donc adopter un positionnement prudent en sous-pondérant globalement les actions par rapport aux liquidités qui sont tactiquement surpondérées en portefeuille pour le moment.

La Réserve fédérale américaine étant vouée à adopter un cycle de hausse des taux particulièrement modéré et progressif, le billet vert devrait rester relativement stable. Ce qui est plutôt positif pour les marchés émergents et les matières premières, même si ils restent confrontés à des problèmes de surcapacités. Dans cette optique, nous privilégions les actions et obligations en devises solides émises par les pays en voie de développement ainsi que l’or qui, même avec un rendement nul, peut se révéler plus rentable que d’autres actifs dont la valeur est inexorablement érodée par des taux d’intérêt négatifs.

Les achats de la Banque centrale européenne sur le marché de la dette privée justifie également notre préférence pour les obligations d’entreprise de bonne qualité crédit. 

Une quête de la qualité qui prévaut aussi au niveau des actions où ce sont les titres pouvant faire état d’un flux de trésorerie et d’une image de marque solide ainsi que d’une croissance pérenne des dividendes, qui recueillent nos suffrages. Depuis le pic boursier de fin mai 2015, un panier constitué d’actions de ce type surperforme de 4% (en euros) celles de moindre qualité. Ce qui démontre que les investisseurs en actions tiennent compte de la qualité crédit des entreprises quand ils ont des doutes sur le cycle économique. Ces actions de qualité se retrouvent pour le moment surtout dans les secteurs défensifs comme les biens de consommation de base, les services aux collectivités et les télécoms. 

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