Pas (encore) d'accélération de la robotisation

Le terme « digitalisation » est sur toutes les lèvres. De nouveaux développements tels que big data, Internet of Things et quantum computing devraient accélérer le passage à l'ère digitale, même si la production de biens physiques garde son importance. De plus, les innovations citées ci-dessus entraînent de plus en plus de changements dans la production de biens physiques. Néanmoins, malgré les nombreuses innovations, les données indiquent que le nombre de robots utilisés dans l'industrie n'a pour le moment pas augmenté de manière exponentielle en Europe et aux États-Unis. Ceci est dû au temps nécessaire à l’adaptation des processus de production. En ce qui concerne le nombre de robots utilisé dans l’industrie, la Belgique occupe une place en milieu du classement européen. Il faut toutefois s'attendre à ce que le recours aux robots s'accélère fortement dans les prochaines années.

Les robots en marche, mais pas de croissance exponentielle

Voiture intelligente, impression 3D, drones sont des technologies qui apparaissent régulièrement dans les médias et que les consommateurs peuvent rencontrer au quotidien. Néanmoins, d’autre part, il existe de plus en plus de nouvelles technologies utilisées derrière les murs des entreprises, comme par exemple le robot Baxter, développé pour réaliser le tri sur des chaînes de production. Ce robot détecte la présence humaine, ce qui le rend compatible à un travail avec des personnes en toute sécurité, alors que, jusqu’à aujourd'hui, les robots travaillaient le plus souvent à l'écart pour des raisons de sécurité. En outre, Baxter est très facile à programmer car il suffit de lui faire exécuter manuellement, par les bras mécaniques, les mouvements nécessaires à une certaine tâche. Par après, Baxter retient et reproduit le mouvement seul. Il est donc inutile de connaître des codes informatiques compliqués, ce qui rend l'utilisation de robots bien plus accessible.

Les nouveaux développements technologiques permettent d'impliquer de plus en plus de robots dans les processus de production. Selon l'International Federation of Robotics (IFR), le nombre de robots industriels [1] augmente petit à petit dans le monde (Figure 1). En 1993, quelque 100 000 robots industriels étaient actifs au sein de l'Union européenne. En 2016, leur nombre est passé à 431 000. On constate une tendance à la hausse similaire aux États- Unis, bien que le nombre de robots y soit inférieur à celui de l'Union européenne. D’autre part, en Chine, la croissance du nombre de robots en activité est plus forte, mais cela provient en partie du mouvement de rattrapage opéré par le pays. Il est toutefois étonnant que nous n'assistions pas à accélération de la croissance du nombre de robots utilisés en Europe et aux États-Unis, la croissance du nombre de robots utilisés dans l'industrie étant plus faible aujourd’hui que dans les années 90 (Figure 2).

L'automatisation n'est pas automatique

Ces chiffres montrent qu'il y a une différence entre ce que permet la technologie et ce qui se fait en pratique. La raison principale est que les entreprises doivent s'adapter aux nouvelles technologies et que cela demande du temps. Les travailleurs eux-mêmes ont souvent besoin de temps, ou de formation, pour maîtriser les nouvelles techniques. En outre, l'adaptation de la réglementation nécessaire à ce type de processus exige également beaucoup de temps. Il suffit de penser au cadre légal pour la voiture intelligente. L'automatisation de la production est donc un processus lent, qui avance à petits pas.

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On constate de grands écarts entre pays

A côtés de la croissance, l’intensité d'utilisation des robots est également différente selon les pays (Figure 3). La Corée du Sud caracole en tête, avec 631 robots industriels par 10 000 travailleurs dans l'industrie manufacturière en 2016. En Europe, c'est l'Allemagne qui est en tête, avec 309 robots pour 10 000 travailleurs, alors que la Belgique occupe la cinquième place, avec 184 robots. Pas de quoi s'étonner, puisque l'Allemagne est un grand producteur de voitures, secteur dans lequel le nombre de robots est plus élevé que la moyenne (Figure 4). Le faible niveau constaté en Chine, avec 68 robots par 10 000 travailleurs, a de quoi étonner. On s'attend néanmoins à une forte augmentation dans les prochaines années. Il est aussi surprenant de noter la très faible intensité d’utilisation des robots en Russie et en Inde.

Même si l'utilisation des robots ne s'accélère pas beaucoup, nous pensons qu'elle sera boostée dans les prochaines années. Avec le ralentissement de la croissance de la population active, voire un recul comme c'est prévu en Belgique, la demande en robots devrait augmenter afin de pallier au manque de main d’oeuvre. Cela s’illustre déjà au Japon où ça fait des années que la population diminue, alors que les robots sont relativement nombreux.

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[1] Un robot industriel est un appareil multifonctionnel à contrôle automatique, reprogrammable, qui peut se mouvoir dans trois axes différents, voire plus, fixe ou mobile et destiné à un usage industriel. Une machine à café ou un ascenseur ne répondent pas à cette définition. Une machine entièrement autonome, qui ne requiert aucune intervention humaine et qui peut être programmée pour différentes tâches – comme par exemple peindre, assembler ou emballer – répond à la définition.  

Vanessa Zwaelens Head of External Communication
Julie Kerremans Media Relations
Joëlle Neeb Media Relations

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