L'investisseur belge se méfie encore des robots-conseils

En novembre, le Baromètre des Investisseurs d'ING dépasse encore une fois le niveau neutre de 100 points. Les investisseurs semblent à nouveau prêts à prendre plus de risques.

Mardi 20 décembre 2016 —

COMMUNIQUE DE PRESSE
Bruxseles, le 20 décembre 2016

Analyse de Peter Vanden Houte, Chief Economist ING Belgique

Le Baromètre des Investisseurs mesure chaque mois la confiance des investisseurs particuliers belges. En d'autres termes, il exprime le "sentiment des investisseurs". Cette enquête, menée par TNS, est une initiative d’ING en collaboration avec l’Université de Gand et les quotidiens L’Echo et De Tijd. Jusqu’en mai 2011, elle avait lieu par téléphone. Depuis juin 2011, elle se déroule en ligne

En novembre, le Baromètre des Investisseurs d'ING dépasse encore une fois le niveau neutre de 100 points. Les investisseurs semblent à nouveau prêts à prendre plus de risques. Une majorité des investisseurs font confiance aux conseils de leur conseiller en investissements. Pour le moment, les robots-conseils attirent essentiellement les jeunes.

En novembre, le Baromètre des Investisseurs d'ING dépasse encore une fois, avec 102 points, le niveau neutre de 100 points. L’absence d’effondrement des marchés après la victoire électorale inattendue de Donald Trump a manifestement donné des ailes aux investisseurs. Les attentes du marché boursier ont donc été revues à la hausse : à présent, 32 % des investisseurs belges anticipent un renforcement du marché boursier dans les trois prochains mois, soit le pourcentage d'optimistes le plus élevé enregistré depuis décembre 2015.

Compte tenu de l’embellie économique prolongée, les attentes en matière de revenus sont elles aussi en hausse. Ainsi, 23 % des personnes interrogées pensent que leur situation financière va s'améliorer dans les trois prochains mois. Il faut remonter en avril 2015 pour retrouver un tel vent d'optimisme. Seuls 14 % des investisseurs s'attendent à une détérioration de leur situation financière. Dans ces circonstances, il n'est pas surprenant que le goût du risque se propage. Pour preuve, 26 % des investisseurs déclarent qu'il s’agit d'un bon moment pour investir dans des actifs risqués. Certes, 31 % encore ne veulent toujours pas en entendre parler, mais cela fait déjà plus d’un an que le nombre d’investisseurs montrant du goût pour le risque et le nombre de ceux montrant de l’aversion au risque n’ont plus été aussi proches. En raison de la hausse des taux d'intérêt à long terme, 19 % des investisseurs estiment que le moment serait bien choisi pour acheter des obligations. Si cette proportion peut paraître faible, elle est tout de même en hausse de 5 pour cent par rapport à octobre
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L'homme ou la machine
Maintenant que les « robots-conseils » (conseils en investissements dispensés par un programme informatique) commencent à se populariser aux États-Unis, le Baromètre des Investisseurs a sondé la position du Belge vis-à-vis de cette nouvelle solution. Pas moins de 65 % des Belges souhaitent des conseils en investissement de la part de leur établissement financier, 57 % étant disposés à fournir à leur banque des informations personnelles détaillées afin d'obtenir des conseils personnalisés. Une majorité (54 %) indique en outre faire confiance au conseiller en investissement de la banque. Seuls 14 % émettent des doutes sur ses conseils. Les avis sont plus partagés si ces conseils ne sont plus donnés par une personne, mais par un programme informatique. Seuls 24 % feraient ainsi confiance à ces robots-conseils, tandis que 30 % des investisseurs n'y accorderaient que peu de valeur.

À cet égard, il existe un fossé générationnel. Parmi les investisseurs de moins de 45 ans, le nombre de personnes « croyant » aux robots-conseils est nettement plus élevé que le nombre de « non-croyants ». Chez les générations plus âgées, qui n'ont pas grandi avec les ordinateurs, le scepticisme est bien plus marqué concernant la valeur des robots-conseils. Par ailleurs, les investisseurs féminins (37 %) sont plus méfiants que les hommes (25 %) à l’égard de cette solution de conseil en investissement. Le robot-conseil ne fait donc pas figure d’exception par rapport aux autres technologies : les jeunes l'apprécient davantage que leurs aînés, et les hommes sont plus nombreux à l'accepter que les femmes. Cependant, comme nous l'avons vu dans le passé, ce type d'innovation devrait également gagner en popularité au fil du temps.



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