Les glissements structurels sur le marché de l’emploi belge

Au cours des dernières décennies, les marchés de l'emploi des pays développés ont, dans une relativement large mesure, subi des changements structurels, aussi en Belgique.

Mardi 26 avril 2016 —

ING Focus – Emploi

Au cours des dernières décennies, les marchés de l'emploi des pays développés ont, dans une relativement large mesure, subi des changements structurels, aussi en Belgique. Ceux-ci sont principalement liés à l'automatisation et à la délocalisation. Ces deux tendances de long terme ont fait qu'une part importante des tâches, des emplois et même de professions entières qui existaient dans les pays riches sont désormais pris en charge soit par des ordinateurs et des robots, soit par des travailleurs des pays émergents. Etant donné qu’il s’agissait avant tout de tâches, d'emplois et de professions moyennement qualifiés, on a assisté dans de nombreux pays développés à une polarisation du marché du travail.

Dans cette publication, nous constatons qu’entre 2011 et 2015, sous une hausse relativement faible de l’emploi (0,9% au total) se cachent des glissements brutaux entre les métiers. En quatre ans à peine, la polarisation du marché de l'emploi s'est nettement renforcée :

  • D'une part, les fonctions hautement qualifiées ont poursuivi leur progression. Le nombre de managers et d’experts a augmenté de 2011 à 2015, respectivement de 16,3 % et 13,6 %, soit un total de 178 000 emplois supplémentaires pour les deux catégories. Les fonctions faiblement qualifiées ont également bénéficié, quoique dans une moindre mesure, de la croissance de l'emploi. Les emplois les plus faiblement qualifiés (entretien, vente ambulante, travailleurs non qualifiés, etc.) ont progressé de 5,7 %, soit de quelques 26 000 emplois.

  • D'autre part, bon nombre de professions moyennement qualifiées ont subi un sévère recul en à peine quatre ans. Ainsi, le personnel administratif a diminué de pas moins de 19,8 %, soit quelque 123 000 postes. Parmi cette classe de fonction, les secrétaires, guichetiers et employés chargés d'informer la clientèle ont pu constater une forte baisse du nombre d'emplois disponibles. En plus, le nombre de techniciens a également subi une forte baisse, de 8,8 %. Même les plus diplômés parmi eux ne sont pas épargnés. Dans les professions administratives, le nombre de titulaires d’un Master a même diminué plus fortement (-28 %) que le total. L'obtention d'un diplôme d'enseignement supérieur ne semble donc pas constituer une garantie de sécurité : le type de profession effectivement exercée par la suite est au moins aussi important.
  • L’évolution de l’emploi est fortement liée à la probabilité de robotisation. Les classes de fonction 1 et 2, qui présentent le moins de probabilités d'automatisation (13,4 % et 13,6 % respectivement), ont enregistré le plus grand nombre de créations d'emplois, tandis que les professions du secteur administratif (classe 4), ayant une probabilité de robotisation totale de 92,7 %, sont celles qui ont accusé la plus forte baisse.

  • Il semble donc que le changement technologique, et par extension la délocalisation, ne soit pas une menace pour l’emploi en général, mais plutôt pour certaines catégories de fonctions, principalement celles qui nécessitent des qualifications moyennes. D’où le fait qu’on assiste à une polarisation du marché de l’emploi.

Veuillez trouver ici le lien vers l'étude complète.

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