ING Focus construction : Le secteur de la construction sort progressivement de la récession en Belgique

Bruxelles - Le secteur de la construction a connu une timide amélioration en 2025, bien que la situation reste précaire en raison de la faible confiance des entreprises et d'un nombre record de faillites. Le volume total de production a augmenté de 0,45% au cours des 11 premiers mois de 2025. La production de bâtiments a encore baissé de 0,91%, mais cela représente une moindre contraction par rapport aux années précédentes. La reprise du marché secondaire de l'immobilier (biens existants), le taux de TVA-de 6 % pour la démolition et la reconstruction et la stabilisation des permis de construire devraient soutenir le secteur de la construction. Ceci dit, le nombre de permis reste historiquement bas et insuffisant pour répondre aux besoins futurs en matière de logement.

Par conséquent, la reprise de l’activité devrait rester plutôt modeste pour l'instant. Pour l'ensemble du secteur de la construction, ING prévoit une croissance de 0,7 % d’activité en 2026 et 0,8 % en 2027. La production de bâtiments se redresse plus lentement : ING prévoit une croissance limitée à 0,2 % en 2026 et à 0,5 % en 2027.

La confiance des entreprises dans le secteur de la construction est restée sous pression en 2025. Bien qu'une légère amélioration ait été observée à la fin de l'année, la confiance est restée bien en dessous de la moyenne à long terme et s'est à nouveau détériorée au début de l'année 2026. Le nombre de faillites a également atteint un nouveau record en 2025. Ce sont surtout les petites entreprises qui ont fait faillite, et les jeunes entreprises se sont également révélées particulièrement vulnérables. Ainsi, près des trois quarts des entreprises de construction qui ont fait faillite en 2025 étaient en activité depuis moins de 10 ans.

"Non seulement le nombre de nouvelles entreprises de construction a diminué l’année dernière, mais le taux de croissance des entreprises actives est également en baisse depuis des années. Pourtant, il est de plus en plus important de maintenir suffisamment d'entreprises de construction actives : une population croissante et changeante augmente la demande de logements supplémentaires, tandis que les besoins de rénovations augmentent en raison de l'obligation de répondre aux normes énergétiques actuelles et futures", explique Alissa Lefebre, économiste au département de recherche d'ING Belgique et auteur de l'étude.

Fig. La croissance du nombre d’entreprises de construction actives est en baisse depuis des années

(Croissance annuelle du nombre d'entreprises actives dans le secteur de la construction – situation en novembre)

Source : Statbel

La reprise du marché de l'immobilier existant se fait discrètement sentir

Le marché secondaire de l'immobilier (correspondant aux ventes de biens existants) a repris en 2025. Des mesures politiques, telles que la réduction des droits d'enregistrement et l'assouplissement de l'obligation de rénovation, ont soutenu cette reprise. De plus, l'ancrage définitif du régime de TVA à 6% pour la démolition-reconstruction a donné un élan supplémentaire aux nouvelles constructions. Par conséquent, les prêts hypothécaires à toutes fins ont augmenté, y compris ceux destinés aux projets de construction.

Ainsi, le secteur de la construction a de nouveau enregistré une croissance positive de sa production en 2025, le volume total de la production ayant augmenté de 0,45% au cours des 11 premiers mois de l’année passée par rapport à la même période en 2024. La production de bâtiments est restée quelque peu à la traîne, avec une légère baisse de 0,91 %, bien que celle-ci soit moins importante que les années précédentes. Cela indique une stabilisation progressive. La valeur ajoutée du secteur a également augmenté à nouveau, soutenant ainsi la reprise générale.

"Nous nous attendons à ce que la reprise du secteur de la construction se poursuive par étapes, avec une stagnation ou une légère croissance dans les années à venir. ​ Pour la production de bâtiments, 2026 pourrait même devenir un point de basculement : après plusieurs années de croissance négative, nous prévoyons une légère augmentation de 0,2 % en 2026, suivie de 0,5 % en 2027", souligne Alissa Lefebre.

Cette meilleure dynamique se reflète également dans les permis de construire pour les nouvelles constructions, dont le nombre, en déclin depuis des années, semble enfin atteindre son point le plus bas en 2025. Le nombre de permis octroyés devrait donc se normaliser, mais sans accélération majeure, notamment en raison de la hausse récente des taux hypothécaires. Une véritable accélération de l’activité reste donc improbable pour l'instant, en partie parce que les procédures d’octroi des permis restent complexes, lentes et coûteuses.

Fig. Les permis de construire semblent enfin évoluer dans la bonne direction ​ ​

Moyenne mobile sur six mois du nombre de nouveaux permis de construire (bâtiments résidentiels) octroyés

Source : Statbel

Mais des défis importants subsistent...

Les permis de construire restent à un niveau historiquement bas, ce qui pèse lourdement sur la production future de logements. La baisse est particulièrement frappante s’agissant des appartements, alors que c'est précisément ce segment pour lequel la demande augmente le plus fortement en raison de la diminution de la taille des ménages et du besoin de logements abordables. Cela ne fait que creuser l'écart entre la demande croissante de logements compacts et l'offre limitée.

En outre, la demande globale de nouvelles constructions reste faible. C’est un problème qui se pose depuis plusieurs années, la hausse des taux d'intérêt et des prix des matériaux ayant érodé l'accessibilité financière. Bien que les prix des matériaux de construction se soient stabilisés, ils restent nettement plus élevés qu'avant 2022. De plus, les nouvelles mesures européennes en matière de lutte contre les changements climatiques - et de commerce international menacent d'augmenter encore les coûts. Des tarifs d'importation plus stricts sur l'acier et des mécanismes tels que le CBAM (Carbon Border Adjustment Mechanism) augmentent le prix des matériaux à forte intensité carbone. Sur un marché où la demande est déjà sous pression, cette pression supplémentaire sur les coûts pourrait affaiblir l'intérêt pour les nouvelles constructions et potentiellement retarder les décisions d'investissement des acheteurs et des promoteurs.

"Après plusieurs années difficiles, le secteur de la construction a montré des signes de reprise pour la première fois en 2025. La production et la valeur ajoutée dans le secteur de la construction ont légèrement augmenté, et la baisse du nombre de permis de construire semble se ralentir. L'ensemble de ces évolutions laisse entrevoir une tendance prudemment positive à l'horizon 2026. Pourtant, la reprise reste fragile. La demande de nouvelles constructions reste limitée et le nombre de permis est historiquement bas, en particulier pour les appartements - le segment qui joue un rôle crucial dans la réponse à la future pénurie de logements. Dans le même temps, des réglementations européennes plus strictes menacent d'augmenter encore le coût des matériaux à forte teneur en carbone. Dans l'ensemble, l'image qui se dégage est celle d'un secteur qui sort lentement du marasme, mais où les goulets d'étranglement structurels pèsent encore lourdement", conclut Alissa Lefebre.

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Fin du communiqué de presse

Renaud Dechamps

Renaud Dechamps

Spokesman & Media Relations Manager, ING Belgium

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