ING Belgium Economic Newsletter : Un regain d’optimisme en Belgique

2017.04.06 - En Belgique, la perception quant à la reprise économique s’améliore.

Jeudi 6 avril 2017 —

En Belgique, la perception quant à la reprise économique s’améliore et plus d’un Belge sur deux considère désormais que l’économie se porte mieux ou du moins aussi bien que l’année passée (contre 1 sur 3 il y a deux ans). Ce regain d’optimisme est aussi perceptible au niveau des indices de confiance des consommateurs ou des entreprises. Ceci étant malgré les résultats encourageants de la croissance du PIB et de la création d’emplois, il reste que près de 3 Belges sur 4 considèrent que la crise durera encore plus de deux ans. Il y a donc certes un regain de confiance en Belgique mais le bout du tunnel semble encore assez loin selon une grande partie de nos compatriotes.

Selon un Economic.Poll@ING(1) réalisé au premier trimestre, 22% des répondants belges considèrent que l’économie se porte mieux que l’année passée alors qu’ils sont 45% à affirmer que l’économie se porte moins bien. Même si la balance penche encore en faveur du pessimisme, l’écart entre les deux camps s’est amoindri en l’espace de deux ans. En effet au premier trimestre 2015, près de 7 répondants belges sur 10 considéraient que l’état de santé de l’économie s’était détérioré comparativement à l’année précédente. Un second Economic.Poll@ING (réalisé lui aussi au premier trimestre) tend à confirmer le regain d’optimisme: 13% des répondants belges considèrent que la crise est terminée contre 7% en 2016 et 5% en 2015.

Notons que près de 3 répondants belges sur 4 restent convaincus que la crise durera deux ans ou plus et comme nous l’écrivions dans une publication antérieure, le pessimisme a la peau dure. Le concept de « crise économique » reste néanmoins une notion hautement subjective et a une signification différente pour tout un chacun. D’un point de vue plus objectif, la Belgique semble s’éloigner de la période de difficulté économique. Une période de récession (au moins 2 trimestres consécutifs de repli du PIB) n’a plus été observée depuis le premier trimestre 2013 et depuis lors plus de 110 000 emplois nets ont été créés. Le terme de période de crise est donc quelque peu excessif pour qualifier la situation actuelle en Belgique, et nous favorisons dès lors le terme de « croissance atone » plutôt que « crise économique ».


Source: ING Belgique  Source: ING Belgique

Derrière cette moyenne à l’échelle nationale, nos résultats dévoilent des perceptions sensiblement différentes au sein des francophones et des néerlandophones. En effet, alors que 60% des répondants francophones considèrent que l’économie se porte moins bien que l’année passée, ils ne sont que 30% au niveau des répondants néerlandophones. De même, 79% des répondants francophones pensent que la crise durera au moins deux ans alors qu’ils ne sont que 69% au niveau des répondants néerlandophones. Le Sud du pays semble donc globalement plus pessimiste. Comment expliquer cette différence de perception ? D’une part, il est vrai que les résultats économiques ont été légèrement moins probants en Wallonie en 2016, laissant certainement un sentiment de reprise économique moins marqué dans le sud du pays. En effet, alors que le taux de croissance du PIB était de 1,2% en Belgique en 2016, ce chiffre n’a atteint que 1% en Wallonie, selon l’Institut Wallon de l’Evaluation de la Prospective et de la Statistique (IWEPS).

De même, la création d’emplois s’est révélée être légèrement plus dynamique en Flandre, tout en restant positive de part et d’autre de la frontière linguistique. Mais globalement, l’écart entre les résultats économiques régionaux n’est pas très large et surtout ne justifie pas une telle différence au niveau de la perception. L’échelle d’appréciation de la croissance économique est évidemment différente pour tout un chacun et les résultats d’enquête et de sondage sont davantage une mesure du sentiment que des statistiques effectives. Au-delà de l’état de santé de l’économie, il y a probablement un facteur psychologique qui entre en jeu. Pour 2017, l’IWEPS prévoit en Wallonie une création nette de près de 10 000 emplois, ce qui pourrait remettre la confiance en Wallonie sur de bon rail, et la rapprocher de la moyenne nationale.

Une certaine remontée de la confiance semble donc s’amorcer en moyenne en Belgique, et cette tendance est confirmée par l’indicateur de confiance des consommateurs de la BNB qui a atteint en ce début d’année son plus haut niveau depuis mai 2011. Mais ces développements sont-ils en phase avec l’évolution récente des mesures de l’activité économique ? Malgré les différents chocs politiques observés en 2016 sur la scène internationale, notre scénario reste relativement positif pour l’économie belge et européenne. La Belgique profite d’un environnement de taux bas mais aussi de partenaires économiques qui se relèvent lentement. Les fondamentaux macroéconomiques pointent donc en direction de la poursuite de la reprise économique, d’autant que l’économie mondiale semble reprendre des couleurs. Nous nous attendons toutefois à une reprise lente et à un chemin parsemé d’embuches étant donné l’année politique qui s’annonce en France ou en Allemagne, ainsi que les négociations du Brexit ou la mise en œuvre du programme de Donald Trump.

(1) Economic.Poll@ING est une question posée chaque semaine sur la page de logout d’ING Home’Bank. Les questions commentées
ci-dessus a été posée entre le 6 et le 19 février 2017 (resp. 3162 et 3800 répondants).


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