9 neufs leçons sur le comportement de l’investisseur belge
20 ans de baromètre ING des investisseurs permettent de mieux comprendre le profil des investisseurs en Belgique et l’évolution de leurs comportements
Bruxelles - Fin 2004, ING Belgique lançait un outil de mesure mensuelle de l'opinion des investisseurs belges. A ce jour, il s'agit du toujours du seul suivi systématique du sentiment des investisseurs dans notre pays. Aujourd’hui, alors que les Belges n’ont jamais autant investi en actions et en fonds d’investissement, le service d’études économiques d’ING Belgique a dégagé neuf enseignements sur base des données récoltées au cours des 20 dernières années :
- Le baromètre ING des investisseurs et la tendance boursière vont généralement de pair
- L'investisseur belge suit la tendance générale et son portefeuille s'internationalise
- La testostérone semble avoir un impact majeur sur le comportement des investisseurs
- Les investisseurs francophones sont moins sensibles à la conjoncture économique que les néerlandophones
- Le baromètre ING des investisseurs, ventilé par tranches d'âge, présente une forme en U
- L'âge et l'évolution des taux d'intérêt influencent l'horizon d'investissement
- L'immobilier reste une valeur sûre pour les investisseurs belges
- Les indépendants ont une vision plus positive de l'investissement que les autres groupes professionnels
- Les investisseurs qui ont une vision positive du monde osent prendre plus de risques
Depuis 2004, ING Belgique sonde mensuellement l'opinion des investisseurs belges1. Le baromètre ING des investisseurs est le seul suivi systématique du sentiment des investisseurs dans notre pays. Le baromètre est un indice pondéré de 11 questions, couvrant les opinions sur l'économie, les marchés financiers et les finances personnelles. L'indice peut fluctuer entre 0 et 200 points, avec une valeur neutre de 100 points. En février 2025, le baromètre ING des investisseurs s'est stabilisé à 103 points. Cela signifie que les investisseurs continuent d'envisager l'environnement économico-financier avec une certaine confiance.

« Depuis deux décennies, le baromètre des investisseurs nous permetde mieux comprendre le comportement des investisseurs belges. Outre les questions permanentes qui font partie du baromètre de l'investisseur lui-même, nous décryptons les événements actuels par des questions supplémentaires chaque mois afin d'obtenir une meilleure image des réactions de l'investisseur belge moyen », déclare Peter Vanden Houte, économiste en chef d'ING Belgique.
1.Le baromètre ING des investisseurs et l'évolution des marchés boursiers vont généralement de pair
Les creux du baromètre de l'investisseur sont souvent survenus juste avant ou juste après le moment où les cours des actions ont atteint leur niveau le plus bas. D'une manière générale, le baromètre suit donc un schéma similaire aux tendances générales du marché boursier.
De manière surprenante, le baromètre a toutefois stagné en 2024, alors que le marché boursier belge, tout comme l'indice MSCI World, a enregistré de bonnes performances. Cela peut s'expliquer par une situation économique un peu plus incertaine, avec des fermetures d'entreprises très médiatisées, et par la formation difficile du gouvernement qui a pu éroder la confiance à l'époque. Les attentes concernant l'économie belge, également un sous-indicateur du baromètre des investisseurs, ont commencé à chuter fortement après l'été 2024, et plus particulièrement en novembre et décembre. Cela peut expliquer le décalage entre le baromètre des investisseurs et l'évolution des marchés boursiers l'année dernière.
2. L'investisseur belge suit la tendance générale et son portefeuille s'internationalise
Les investisseurs belges sont généralement des suiveurs de tendance : lorsque le marché boursier est en hausse, ils sont prêts à prendre plus de risques, tandis que leur appétit pour le risque atteint son niveau le plus bas après une forte correction du marché boursier. En outre, le champ d'action géographique de l'investisseur belge s'est élargi au fil des ans. Le pourcentage d'investisseurs déclarant détenir des actions étrangères dans leur portefeuille a augmenté au cours de la dernière décennie, alors que le pourcentage d'investisseurs détenant des actions belges a quelque peu diminué. Cela peut expliquer pourquoi l'humeur et l'appétit pour le risque des investisseurs belges dépendent moins de l'évolution du Bel20 et reflètent plutôt l'évolution du marché boursier mondial.
3.La testostérone a un impact majeur sur le comportement des investisseurs
Depuis le début de l'enquête, le baromètre a toujours été plus élevé pour les hommes que pour les femmes, même si l'écart s'est légèrement réduit ces dernières années. En outre, les hommes ont tendance à être plus confiants dans leurs propres connaissances en matière d'investissement. En avril 2023, 36 % des hommes interrogés ont déclaré en savoir plus sur l'investissement que l'investisseur moyen, contre 25 % pour les femmes.
Le manque de confiance des femmes en matière d'investissement se reflète également dans le fait que, selon l'enquête, elles recherchent volontiers des conseils, ce qui est moins fréquent chez les hommes. En novembre 2022, une femme investisseuse sur deux a déclaré qu'elle demandait généralement l'avis d'un banquier ou d'un conseiller en investissement avant de prendre une décision d'investissement, alors que pour les hommes, cette proportion n'était que d'un peu plus d'un sur trois.
En ce qui concerne les produits d'investissement, il existe également une nette différence dans le profil de risque : les hommes trouvent toujours plus opportun d'investir dans des secteurs risqués que les femmes. En 2024, pas moins de 53 % des investisseurs masculins de moins de 35 ans interrogés pensaient que c'était le bon moment pour investir de manière risquée. Chez les jeunes femmes, la moyenne est de 30 %, soit une différence de plus de 20 points de pourcentage !
"Nous constatons que les différences entre les hommes et les femmes en termes d'appétit pour le risque s'atténuent avec l'âge, ce qui indique que le "facteur testostérone" joue apparemment un rôle important", analyse Peter Vanden Houte.
Graphique : Attitude à l'égard de l'investissement dans les secteurs à risque, par sexe et par âge (2024)

4. Les investisseurs francophones sont moins sensibles à la conjoncture économique que les investisseurs néerlandophones
La valeur du baromètre de l'investisseur diffère généralement entre les néerlandophones et les francophones, mais la différence peut être positive ou négative. D'une manière générale, on peut dire que les francophones font preuve d'une plus grande propension au risque dans leurs réponses, mais dans la composition du portefeuille d'investissement, la part des actions est plus importante chez les néerlandophones.
La part moyenne plus élevée d'actions dans les portefeuilles des néerlandophones les rend plus sensibles aux grandes fluctuations du marché boursier. En ce qui concerne les attentes économiques, les néerlandophones sont également susceptibles d'être plus dépendants du cycle économique. L'emploi dans le secteur privé, en particulier dans l'industrie hautement cyclique, est relativement plus élevé en Flandre qu'à Bruxelles ou en Wallonie. Cela pourrait expliquer pourquoi le baromètre des investisseurs est plus bas chez les néerlandophones que chez les francophones en période de récession industrielle et/ou de fortes baisses du marché boursier. Le fait que l'industrie dans notre pays soit en difficulté sans interruption depuis 2022 (et 2022 n'a pas été une bonne année boursière non plus) explique sans doute pourquoi le baromètre des investisseurs a été plus élevé chez les francophones que dans le nord du pays au cours des dernières années.
5.Le baromètre ING des investisseurs, ventilé par tranches d'âge, présente une forme en U
Lorsque le baromètre ING des investisseurs est examiné en fonction de l'âge, il est frappant de constater que les jeunes investisseurs (<35 ans) affichent systématiquement les valeurs les plus élevées. Les valeurs diminuent avec l'âge. Toutefois, à partir de 65 ans, la valeur moyenne du baromètre de l'investisseur recommence à augmenter, ce qui donne au baromètre de l'investisseur une forme en U lorsque l'on différencie les groupes d'âge.
Un schéma similaire en forme de U apparaît pour les anticipations boursières, et il est notable qu'en moyenne, les personnes de plus de 70 ans (où les hommes sont surreprésentés) sont encore plus positifs pour le marché boursier que les moins de 35 ans.
« Les personnes âgées adoptent un point de vue plus conservateur en ce qui concerne le rendement annuel attendu des actions au cours des dix prochaines années. Alors que les jeunes investisseurs tablent sur un rendement annuel de 9 % en moyenne, les investisseurs de plus de 70 ans prévoient un rendement annuel moyen de 4 %. Nous constatons également que le nombre moyen de transactions d'investissement effectuées diminue avec l'âge », déclare Peter Vanden Houte.
Graphique : Attentes des marchés boursiers belges pour les trois prochains mois, par âge

6. L'âge et l'évolution des taux d'intérêt influencent l'horizon de placement
Entre 2011 et 2022, le pourcentage d'investisseurs indiquant un horizon d'investissement de plus de cinq ans a augmenté de manière quasi continue, pour atteindre un investisseur sur deux. Cette évolution est probablement liée à la baisse générale des taux d'intérêt. Alors qu'un investisseur prudent pouvait encore obtenir un rendement raisonnable avec des obligations à court terme en 2011, les taux d'intérêt se sont effondrés au fil des ans. Dans ces circonstances, même les investisseurs conservateurs ont été obligés d'acheter des actifs avec des horizons d'investissement plus longs pour continuer à obtenir des rendements positifs. Cette évolution est très nette chez les plus de 55 ans, pour lesquels l'horizon de placement déclaré a été systématiquement prolongé jusqu'en 2022. Toutefois, depuis la forte hausse des taux d'intérêt à court terme, l'horizon d'investissement déclaré a de nouveau diminué.
Chez les jeunes investisseurs (<35 ans), où l'horizon d'investissement théorique est le plus long, l'horizon d'investissement déclaré est le plus court parmi tous les groupes d'âge. D'une part, cela peut s'expliquer par le fait que beaucoup de personnes de cette tranche d'âge ont l'ambition d'acheter leur propre logement et sont donc plus susceptibles d'investir à court terme pour leurs placements financiers.
« Toutefois, une autre explication possible est que les jeunes investisseurs sont plus attirés par l'idée de s'enrichir rapidement que les investisseurs plus âgés et plus expérimentés. À cet égard, il ne faut pas non plus s'étonner que les jeunes voient plus de potentiel dans des investissements moins traditionnels tels que les crypto-monnaies », estime Peter Vanden Houte.
7. L’immobilier comme valeur sûre
Le fait que le Belge soit né avec une brique dans le ventre se reflète également dans le baromètre ING des investisseurs. Au fil des ans, cinq enquêtes ont été menées pour déterminer quel serait l'investissement le plus rentable pour les Belges au cours de l'année à venir. À chaque fois, l'immobilier a été identifié comme le meilleur investissement. Il est intéressant de noter que l'immobilier est toujours plus prisé par les investisseurs francophones que par les néerlandophones. Dans la dernière enquête datant de novembre 2023 23 % des francophones considèrent l'immobilier comme le meilleur investissement, alors que les néerlandophones ne sont que 18 % à le faire. En outre, il semble que les femmes trouvent systématiquement que l'immobilier est un meilleur investissement que leurs homologues masculins. Dans la dernière enquête, l'immobilier était le meilleur investissement pour 26 % des femmes. Chez les hommes, c'est le cas pour à peine 16% d'entre eux.
8. Les indépendants ont une vision plus positive que les autres groupes professionnels
Si l'on compare le sentiment des investisseurs par catégorie professionnelle au cours des trois dernières années, les indépendants se distinguent. Tant en termes de perspectives sur le cycle économique, d'anticipations boursières que de sens du risque, les indépendants obtiennent des résultats supérieurs à ceux de toutes les autres catégories (et c'est également le cas lorsque l'on se concentre sur le groupe le plus jeune au sein de chaque catégorie professionnelle).
9. Les investisseurs ayant une vision positive du monde osent prendre plus de risques
Enfin, le baromètre ING des investisseurs a mesuré la vision du monde des investisseurs belges en novembre et décembre 2024. Par exemple, 31 % des investisseurs pensent que la vie devient de plus en plus agréable grâce aux nouveaux développements. Un pourcentage similaire n'est pas d'accord avec cette affirmation, tandis que le reste a une évaluation neutre ou n'a pas d'opinion. Lorsque la même enquête a été réalisée en 2005 (par téléphone à l’époque), 45 % des personnes interrogées étaient d’accord avec l'affirmation selon laquelle les nouveaux développements améliorent la vie. La vision du monde des investisseurs s’est donc quelque peu assombrie.
Regard sur la vie et la bourse (nov-déc 2024)

Il est remarquable que les investisseurs ayant une perception moins positive de l’avenir évaluent également moins bien l'évolution future des marchés boursiers et sont moins enclins à considérer que c'est le bon moment pour investir dans des secteurs plus risqués. L'inverse est vrai pour les investisseurs optimistes.
« Le facteur de la confiance en l'avenir apparaît également comme une caractéristique des investisseurs convaincus dans les études internationales », conclut Peter Vanden Houte.
### Fin du communiqué de presse ###
Renaud Dechamps
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A propos d'ING
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Les actions du groupe ING sont cotées aux bourses d'Amsterdam (INGA NA, INGA.AS), de Bruxelles et à la bourse de New York (ADRs : ING US, ING.N).
ING vise à placer le développement durable au cœur de ses activités. Nos politiques et nos actions sont évaluées par des instituts de recherche et de notation indépendants, qui les mettent à jour chaque année. Le score Environmental, Social and Governance (ESG) d'ING par MSCI a été reconfirmée par MSCI comme " AA " en août 2024 pour la cinquième année. En décembre 2023, Sustainalytics considère la gestion des risques matériels ESG par ING comme "forte". Notre note de risque ESG actuelle est de 17,2 (risque faible). Les actions du groupe ING sont également incluses dans les indices de durabilité les plus importants et ESG des principaux fournisseurs. En voici quelques exemples : Euronext, STOXX, Morningstar et FTSE Russell.
1 De 2004 à mai 2011, l'enquête a été réalisée par téléphone ; depuis juin 2011, elle est réalisée en ligne, via Kantar. Chaque mois, Kantar interroge environ 400 investisseurs particuliers belges (environ 100 par semaine).